Festival NGOMA : Qui commence bien, fini bien.

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Les rideaux sont tombés le samedi 1er septembre sur la huitième édition du festival NGOMA. Pendant huit jours, les artistes venus des différents horizons ont offert au public de la ville de Kisangani des spectacles diversifiés et de haute facture. Il sont venus de Kinshasa, de Lubumbashi, Goma, Bukavu, du Burundi, de Congo Brazzaville, de l’Italie, tous avec un seul objectif : communier avec le public de Kisangani et partager leurs expériences respectives.

Le coup d’envoi a été donné le samedi 25 Août par un concert riche en couleur agrémenté par l’orchestre Explosif musica « somo trop » de Kisangani. Faisant un tour d’horizon de la musique congolaise, l’orchestre du jour a émerveillé un public têtu dur à convaincre. Il est parti des années soixante en interprétant les morceaux de Grands Kallé Jeff en passant par les années quatre vingt tout en glissant dans leurs propres compositions. La journée se termine par une note positive.

Les spectacles de théâtre entre en scène le dimanche 26 août avec la pièce « Silence » de la compagnie CRASA, Centre des Recherches en Arts de Scène en Afrique, de Maître Alexandre MWAMBAYI KALENGAYI. Un vrai drame social qui tourne autour des pratiques mystiques qui sont d’usage chez nos politiciens. Ce spectacle a été richement interprété par Arline MUSHIYA KALUBI et Flavien MUABA ASSANI dans une mise en scène de Maître Alexandre MWAMBAYI. La soirée se poursuivra avec un concert de Benjamin Kolo Lupemba qui s’identifie comme le roi du siècle. Dans un mélange de folklore et musique moderne, Kolo Lupemba a communié avec son public dans une ambiance de fête.

Des performances en performances, le festival se poursuit le lundi 27 Août avec différents spectacles de théâtre qui alternent drame social, tragédie, conte, narration, comédie, danse, etc. La création italo – congolaise, « Mille Francs », n’a pas manqué d’attirer l’attention du public. Deux congolais et deux italiens sur scène mettant en relief deux cultures riches et diversifiées au delà des difficultés liées à l’usage d’une langue commune. L’Esapce YARO de Pointe Noire n’a pas manqué de marquer de ses empreintes cette huitième édition du festival NGOMA avec son spectacle « Tigre bleu de l’Euphrate ». Une pièce interprétée par Pierre Claver MABIALA.

On retiendra la première entrée en scène des spectacles de Kisangani avec la présentation de la compagnie Eurêka théâtre dans la première de son spectacle « Imparfait » qui est un vrai drame social. Texte inspiré d’une histoire vraie, l’auteur et l’interprète ont amené le public sous une autre dimension. « Un père de famille qui voit l’une de ses jumelles frappée de rétinoblastome, cancer des yeux, et qui est presque impuissant de la sauver par manque des moyens financiers. Il recourt à toutes ses connaissances pour soigner sa fille. Il trouve un peu d’argent mais il faut faire voyager la maman, les jumelles et une autre personne à près de trois milles kilomètres. Le voyage n’est pas facile. Malgré tous les efforts fournis, le cancer emportera la petite jumelle. Un drame qui n’a pas laisser la salle indifférente qui s’est transformé presque en scène de deuil ». L’interprète, Innocent BOLUNDA, est le père de la jumelle et l’auteur, Ma Gloire BOLUNDA, est l’oncle paternel de la jumelle. Un spectacle émouvant si l’on sait que c’était un vrai cri venant de leurs âmes.

Se succéderont « Le Monologue du Vagin » de la Renaissance Africa de Bukavu, « C’est plus clair » de Tout Ma Haut de Kinshasa, « MUNGU TU NA MAOMBI » des itinérants de Kinshasa interprété par Camille MILABYO et qui se penche sur le problème des églises de réveil, « Stabat Mater Furiosa » de la compagnie Seringu’art de Lubumbashi interprété par Solange MUNENE dans une mise en scène de Djo Ngeleka, « Vous » de la compagnie les attaquants théâtre de Goma, « Les insatiables » de la Foudre boyomaise troisième mystique interprété pas César BANGA BANGO et Paul BEYOKOBANA, « Le Zénith de la Folie » de la compagnie UMUNYINYA de Bujumbura ainsi que plusieurs autres concerts de musique pour faire de ce festival une vraie ambiance de fête.

Une séance de travail entre artistes

Pour renforcer le liens entre artistes et favoriser des échanges assez nourris, les festivaliers se sont retrouvés chaque jour entre 8 et 11 heures pour des critiques constructives des oeuvres présentées pendant cette huitième édition du Festival NGOMA. L’objectif étant de partager son savoir et, parfois, d’expliquer les conditions dans lesquelles les spectacles ont été crées. Ces échanges ont permis aux artistes présents de regarder leurs spectacles sous un oeil nouveau au regard des suggestions et critiques des autres.

Jean Pierre BOLIMA

Moment émouvant pendant cette huitième édition du Festival Ngoma, les artistes de Kisangani et tous les invités du festival présents ont commémoré les dix ans de la mort des artistes comédiens Jean Pierre BOLIMA dit Bwana Cheko et Patrick CHIRWIZA dit Demulu vantard. Les deux artistes comédiens avaient trouvé la mort dans un crash vers l’Est du pays. Ils étaient à bord d’un avion pour une mission à Goma pour le compte de Handicap International. Les connaissances et amis ont pu donner des témoignages à leurs endroits. Une manière pour les artistes de Kisangani de montrer qu’ils n’oublient pas les leurs.

 

Bilan

Toutes les compagnies invitées ont répondu présentes à ce rendez vous culturel à l’exception de la compagnie DUMALE de la côte d’Ivoire dont les artistes ont été débarqués à Addis – Abeba. Cette situation a remis sur la table la problématique de la circulation des artistes sur le continent. Un aspect qui devra être pris au sérieux par les organisateurs des manifestations culturelles pour éviter des tels désagréments.

En tout et pour tout, onze spectacles de théâtre de grande facture, 5 concerts à l’esplanade de l’Espace Culturel NGOMA dont un concert acoustique, plusieurs échanges professionnels entre les artistes et une formation sur la direction de l’acteur animé par Pierre Claver MABIALA de l’Espace Yaro de Pointe Noire.

Perspectives

Cette huitième édition ouvre la voie à plusieurs pistes de réflexion pour tenter d’améliorer la prochaine édition, la neuvième, qui interviendra entre le 25 et 31 Août 2019. L’organisateur, le Groupe TACCEMS Asbl, compte ajouter l’aspect touristique à ce festival en initiant des randonnées sur le fleuve Congo avec tous les festivaliers, en organisant des visites guidées des endroits historiques de la ville dont les chutes Wagenia et autres.

Les artistes en formation à l’Alliance Française de Kisangani

Cette huitième édition augure également un jumelage entre la ville de Kisangani et la ville de Point Noire. La formation sur la direction de l’acteur devra déboucher sur une création entre les artistes de Pointe Noire et ceux de Kisangani en vue de renforcer ce lien qui vient de se tisser. Cette création, qui se profile déjà dans les échanges, devra être effectif, selonles organisateurs, avant la fin de l’année 2018 si les moyens nécessaires à sa faisabilité sont trouvés.

Le Groupe TACCEMS Asbl est satisfait de la réussite de ce grand événement et prend à cœur toutes les remarques et suggestions pour pouvoir faire mieux les prochaines fois.

Le comité de sélection du Festival NGOMA, Rencontre Internationale des Arts de scène, réitère ses remerciements auprès de tous ses bailleurs et toutes les personnes de bonne volonté qui ont contribué pour la réussite de cet événement.

Le coordonnateur du Groupe TACCEMS Asbl a saisi cette occasion pour remercier tous les partenaires de son institution : Africalia Belgium, Wallonie Bruxelles Internationale Belgique, Wallonie Bruxelles Internationale Kinshasa, COFED (Coopération Union Européenne – RD Congo), Bralima CIB bureau de Kisangani, Maison Palos de Kisangani, KG5 Di sale teattro de l’Italie, Studios KABAKO de Kisangani, Pole Culturel Est, Alliance Française de Kisangani, Radio et Télévision Force des Médias et toutes les compagnies théâtrales qui ont pris part à cette huitième édition (CRASA, TOUT MA HAUT et Les Itinérants de Kinshasa, LA Seringu’art de Lubumbashi, la Renaissance Africa de Bukavu, les Attaquants Théâtre de Goma, Espace Yaro de Pointe Noire, la Création Italo – congolaise avec KG5 Di Sale teattro, FOUB M3 et Eureka Théâtre de Kisangani, UMUNYINYA de Bujumbura, ainsi tous les orchestres qui ont agrémenté cette huitième édition du Festival NGOMA.

Une vue du Fleuve Congo

Pour joindre l’utile à l’agréable, le Groupe TACCEMS Asbl a organisé, le samedi 1er septembre dans la matinée, une randonnée fluviale avec  tous les festivaliers présents

Le rendez-vous est fixé pour l’année prochaine pour la neuvième édition du Festival NGOMA, Rencontre Internationale des Ats de Scène.