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Kisangani : Arrêt du décrochage local de la Radio Okapi, un manque à gagner pour la population.

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C’est le mercredi 29 mai 2019 que la radio Okapi station de Kisangani arrête définitivement la diffusion des  informations locales. Il n y aura donc plus de décrochage régional.   Cet arrêt du décrochage régional est la conséquence directe de la fermeture du bureau de la MONUSCO qui va intervenir le 30 juin 2019.  Selon certaines sources, en attendant cette date qui va marquer le départ des casques bleus et du personnel de la MONUSCO Kisangani, une équipe restreinte des journalistes restera en place pour alimenter la station nationale en informations locales qui seront diffusées à l’échelle nationale, et cela jusqu’au 30 juin.

Cette nouvelle n’est pas bien accueillie par la population de la ville de Kisangani qui pense que la décision de priver les auditeurs de cette chaîne du décrochage régional est un manque à gagner pour elle.

Pour le professeur  Alphonse MAINDO, la fermeture de la radio Okapi est une grosse perte pour Kisangani qui est la troisième ville du pays. Selon lui, cela  signifie que les nouvelles et autres documentaires d’intérêt local ne pourront plus passer sur Radio Okapi.

« Il n’y aura plus que les nouvelles d’intérêt national ou international qui passeront sur Radio Okapi. C’est déplorable. Je ne comprends pas vraiment le bien fondé encore moins les raisons de ce choix de fermer Kisangani. Nous devrions nous mobiliser pour trouver une issue favorable à ça. Pourquoi ne pas réduire, par exemple, le personnel à deux staffs ? On sait le rôle joué par ce média dans le paysage Boyomais ».

En parlant de mobilisation, le professeur Alphonse MAINDO  pense à des pétitions, à des collectes de fonds auprès d’individus et œuvres philanthropique et/ou à des  marches de la société civile et politique pour réclamer le maintien, même minimal de service à Kisangani.

Ayant une résidence temporaire à Kisangani, Jean KIMBEMBE MAZUNGA pense que la suspension du décrochage local est un désagrément sérieux.

 « A chacun de mes séjours, j’aime être en contact avec Kinshasa et les nouvelles qui y proviennent et le moyen, c’est à travers les décrochages locaux notamment RTNC et Radio Okapi. Entre les deux, j’ai toujours eu préférence à la Radio Okapi. Pour moi, personnellement, ce sera un désagrément sérieux. C’est vrai qu’il y’a des questions non traitées par nos radios locales et média locaux mais la radio okapi était une véritable église au milieu du village. C’est une méchante et brutale nouvelle.

Pour le responsable du bimensuel Orientale Info, cette décision est inopportune. Selon Robert MBUYI MUKADI, cette décision aura des incidences perceptible à Kisangani.

« 1. Les auditeurs s’étaient déjà habitués à consommer locale, c’est-à-dire suivre les nouvelles locales, mais ils sont coupés de la bonne habitude. 2. Conséquences sécuritaires : Ce décrochage poussait certains criminels à ne pas opérer ouvertement par crainte d’être diffusés par ce décrochage qui pouvait d’office élargir sa diffusion au niveau national. Maintenant, c’est très dangereux parce qu’ils peuvent tout se permettre sachant que personne n’en parlera sur radio okapi local. Cas de cambriolage en ville, cas des éleveurs mbororo, etc. 3. Politique et administratif : Ceci amenait les autorités à bien contrôler leurs actes avant de les poser, par crainte d’être dénoncés par radio okapi locale. En tout cas, pour moi, il n’est pas opportun qu’une telle décision soit prise ».

François OKONDA MOMBA, Responsable du média en ligne www.depechesdelatshopo.com,  pense que l’arrêt du décrochage local constitue  un grand défi pour les professionnels de médias de Kisangani.

« Cette radio onusienne a apporté une révolution dans les médias tant de la République Démocratique du Congo que de Kisangani. Donc, il y a maintenant plusieurs radios qui fournissent désormais un grand effort pour informer objectivement. Nous serons condamnés à faire le travail que faisait la radio Okapi locale pendant 17 ans. C’est notre devoir d’informer correctement et objectivement la population. Avec l’avènement de la NTIC, c’est possible d’y parvenir ».

Priver la population de Kisangani du décrochage local est une très mauvaise nouvelle, pense Ernest MUKULI KASONGO, coordonnateur de MEPAD, Média pour la Paix et la Démocratie. Il pense que c’est même un recul dans notre jeune démocratie en matière d’accession des citoyens à l’information et à la bonne information.

« La radio Okapi, décrochage local, était pour beaucoup des boyomais la source la plus crédible des informations de notre région. Aucun média traditionnel ne couvrait l’ensemble de la province de la Tshopo. Je dis bien les sept territoires. Sans oublier les nouvelles de proximité provenant des provinces sœurs de Bas et Haut Uele. La fermeture de l’antenne locale de Radio Okapi risque de constituer une menace pour notre profession. Il y’a eu de ces dossiers cruciaux, pertinents que seuls les journalistes de ce média onusien avait les moyens matériels et notoriété d’y accéder. C’est pourquoi les autres médias locaux se référaient très régulièrement aux journaux de radios okapi lors du décrochage local. Grâce à cette radio, des nombreux journalistes de Kisangani avaient les facilités de se rendre dans d’autres villes du pays pour suivre des formations ou partager les expériences professionnelles avec les journalistes d’autres cieux ».

Il pense que fermer le décrochage local de la radio Okapi sans proposer une alternative est une décision précipitée car les médias locaux n’ont pas les moyens pour combler le vide démocratique qui se crée en toute impuissance pour ses milliers d’auditeurs.

Théthé BONGONDJA, Coordonnatrice de la Dynamique des Femmes Reporters, trouve que cette décision entraîne un manque à gagner criant pour les auditeurs. Estimant que cette décision ne relève pas de la province, elle suggère «  aux patrons des médias privé de la ville d’aller sur les pas de la radio Okapi pour tenter de combler tant soit peu ce grand vide qui sera créé par cette fermeture »

Pour elle, il y a lieu de combler ce vide si les autres médias imitent l’exemple de la radio Okapi et avec les informations sur le plan national, les auditeurs pourront se retrouver tout de même.

Certaines personnes avancent même que la fermeture de la radio Okapi serait la conséquence de manque d’un leader pouvant défendre les intérêts de la province. D’autres par contre, se penchent sur les conséquences que la fermeture de ce média aura sur les journalistes qui y travaillaient. La majorité des journalistes qui travaillent actuellement à la radio okapi sont des agents recrutés sur place à Kisangani. Fermer la radio okapi c’est gonfler inutilement  le chiffre des sans emplois. Cet état des choses a des conséquences et des effets multiplicateurs sur les dépendants de ces agents qui seront bientôt au chômage.

Les médias boyomais, selon certains observateurs,  doivent profiter de l’expertise de la radio Okapi pour combler le vide en mettant du professionnalisme dans le traitement des informations.

Crée le 25 février en 2002,  la radio OKAPI est le fruit d’un partenariat entre la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RD Congo (MONUSCO) et la Fondation Hirondelle.

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