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POLITIQUE : Qu’arrivera – t – il si le FCC et le CACH violent les contenus de l’accord de coalition ?

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C’est le lundi 29 juillet 2019 que l’accord entre le  FCC (Front Commun pour le Congo) –et CACH (Cap pour le Changement)  a été signé. Les deux coalitions mettent  en relief dans cet accord quatre points principaux, à savoir l’effectivité de la coalition FCC-CACH pour gouverner ensemble, l’adoption d’un programme commun de gouvernement, la mise en place d’un gouvernement de coalition et la mise sur pied d’un comité de suivi de la mise en œuvre d’un accord de suivi de la coalition. L’accord a également annoncé des réformes institutionnelles ainsi que des politiques publiques propres à créer des conditions propices à une croissance économiques fortes. Selon cet accord, le Gouvernement comprendra, hormis le premier ministre, 65 membres dont 48 ministres et 17 vice-ministres. La famille politique de Félix TSHISEKEDI s’en sort avec 23 postes et le FCC va s’adjuger les 42 autres postes restants.

Une coalition politique est l’union entre au moins deux partis, qui partagent certaines idées, en vue de réaliser des actions communes. Les coalitions visent à présenter un programme commun visant à gouverner un pays, une région ou une entité administrative. On se rend compte que le Front Commun pour le Congo prend la gestion du Sénat, de l’Assemblée Nationale, des gouvernorats des provinces ainsi que le gros des ministères.

Plusieurs analystes avertis voient en cette coalition une mélodie dissonante et peu agréable à l’oreille même si, pour le moment, tout porte à croire que les violons s’accordent. Qu’adviendrait – il si les signataires de l’accord ne respectent pas son contenu et que les deux coalitions entrent en conflit ?

Selon le professeur Alphonse MAINDO, Politologue et Professeur à l’Université de Kisangani, plusieurs scenarii peuvent se présenter au cas où le FCC et le CACH n’arriveraient pas à accorder leurs violons.

« …la destitution du président négocié par le congrès réunissant les deux chambres qui mettraient le Président en accusation de haute trahison. Dans ce cas, l Président du sénat assure intérim et convoque des nouvelles élections pour faire passer un  homme loyal ; la dissolution de l’Assemblée Nationale et la convocation des nouvelles élections par Félix TSHISEKEDI  pour demander au peuple souverain de trancher le différend. Et là, une question s’impose : Comment assurer la sincérité du scrutin sans réforme de la Commission Electorale Nationale Indépendante, de la Cour Constitutionnelle et de tout l’appareil sécuritaire toujours entre les mains du FCC ? ; Une Crise aiguë comme en 1960 qui entraînera la  révocation réciproque par le congrès et le président négocié, alors l’armée ou le groupe de Kingakati prend le pouvoir pour rétablir l’ordre dont Félix TSHISEKEDI  serait incapable. Ceci a pour conséquence directe de remettre Joseph KABILA  en scelle ; Rendre le pays ingouvernable : bloquer tout au gouvernement, à l’Assemblée nationale, au sénat et  activer massivement les milices dans le pays que les hommes de main du système contrôle plus ou moins,  intervention inattendue d’un outsider qui amènera à un soulèvement populaire ou de la base, etc. Enfin, un des scenarii extrêmes,  l’assassinat de Félix TSHISEKEDI  dont on connaît les failles de sécurité… »

Pour le professeur Billy BOLAKONGA, Recteur de l’université Mariste du Congo et Professeur à l’Institut Facultaire de Yangambi,  si cette alliance de circonstance venait à voler en éclat, ce serait salutaire pour le pays, dans la mesure où cela obligerait le Président Félix TSHISEKEDI  à dissoudre les différentes  Assemblées et le Sénat.

« ..En ce moment là, il faudra tout faire pour organiser des bonnes élections qui refléteraient la véritable volonté du peuple plutôt que ce à quoi nous avions eu droit avec une masse de non-élus qui ne sont, en réalité, pas l’émanation de la volonté populaire. On connait la capacité de nuisance du FCC qui ne fait l’ombre d’aucun doute. Cette force politique, dotée d’une crème intellectuelle indéniable, mettrait toutes les batteries en marche pour actionner certains mécanismes de neutralisation du Président Félix TSHISEKEDI  en difficulté. Mais je crois, à la fin des comptes, que ce scénario est plus de l’ordre du spéculatif que du possible car les deux forces politiques CACH et FCC ont tout intérêt à rester ensemble, même si, on le sait, ce n’est pas les grands amours entre les deux. Elles savent que leurs survies respectives dépendent de l’une et de l’autre, nonobstant quelques escarmouches verbales dont a quelquefois droit de la part de certains acteurs n’ayant pas été au parfum des clauses du fameux accord. D’ailleurs, l’on se rend rapidement compte que les ardeurs de ces derniers sont souvent refroidies par des festins ostensibles entre les deux grands leaders pour afficher la “parfaite” entente, la “solidité” de la coalition, etc. ».

Quoi qu’il en soit, conclut le professeur Billy BOLAKONGA,  cette coalition accuse quand-même quelques symptômes de cohabitation…

lire aussi : https://rfmtv.net/vers-une-crise-en-republique-democratique-du-congo/

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