RDC : Accord FCC – CASH, la Dynamique des Professeurs et Universitaires conseille la Cohabitation.

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Pr Antoine NGUTE

La Dynamique des Professeurs et Universitaire a organisé le lundi 11 mars 2019 une grande conférence – débat  de près de 3 heures sur « Cohabitation ou coalition : Quel gouvernement pour garantir les intérêts de la nation congolaise » autour des Professeurs Alphonse MAINDO, Antoine NGUTE NOVATO et Bily BOLAKONGA. La Dynamique des Professeurs et Universitaire a tenu a éclairé la lanterne des congolais autour du débat lancé par le Prix Nobel Denis MUKWEGE qui conseille à Félix TSHILOMBO la cohabitation plutôt qu’une coalition comme le prévoit le communiqué conjoint FCC – CACH.  

Prenant la parole, en guise de prologue, le Professeur Antoine NGUTE a circonscrit la situation post – électorale. Il a retracé une brève genèse de la démocratie tout en donnant les fondamentaux. Il a déploré le fait que la démocratie congolaise, plutôt que de se parfaire, ne fait qu’empirer car la corruption devient désormais une attitude normale qui se généralise et s’officialise sans offusquer. Pour lui, la systématisation de la fraude et de la corruption devraient conduire à repenser l’organisation des scrutins du second degré pour les ramener tous au premier degré afin d’espérer réduire la proportion des « nominations ». En concluant, le Prof Antoine NGUTE a rassuré l’assistance, quant à la détermination de la Dynamique des Profs et des Universitaires de Kisangani à continuer son devoir pour que le peuple rentre effectivement dans ses droits, et que ceux qui sont aux affaires, quels qu’ils soient, s’investissent pour le bien de la population.

Le Prof Alphonse MAINDO a, à son tour, abordé le dilemme de la cohabitation et de la coalition, cherchant à déceler le meilleur cas des figures pour la nation congolaise. Il a tenu à préciser que le contexte actuel et la configuration politique issue « des élections » indiquent que le Président désigné n’a pas la majorité au parlement. Cette situation est étrange et incompréhensible d’un point de vue socio – politique d’autant plus que les élections présidentielles, nationales et provinciales ayant eu lieu au même moment, il apparait aberrant de constater « une nette différence des préférences » des électeurs qui, d’une part, font confiance « au chef de l’Etat » au niveau de la présidentielle et, d’autre part, le privent de la majorité pour gouverner ! Ce paradoxe inexplicable a même fait sortir de sa réserve le Prix Nobel de la Paix 2018, le Professeur Dr Denis MUKWEGE qui recommande plutôt la cohabitation.

Pr Alphonse MAINDO

Revenant justement sur ce sujet, le Prof Alphonse MAINDO a montré que la cohabitation est préférable dans la mesure où elle place le Chef de l’Etat dans une posture confortable au sommet de l’Etat, lui donnant le loisir de critiquer l’action du gouvernement par sa parole crédible en tant que « Premier mandataire public ». Pour lui, la cohabitation est le choix de raison pour le Président désigné ainsi que pour CACH si tant est vrai qu’ils tiennent à survivre politiquement et à servir le peuple et la nation congolaise. En revanche, dans la coalition, ils se retrouveraient à composer et à faire équipe commune, avec le risque imminent de couler durablement et de toute évidence avec une majorité dont on connait les méthodes et les résultats. Cette dernière option ne serait donc pas indiquée parce que le Président désigné et le CACH seraient également comptables des résultats du gouvernement.

Le Prof MAINDO s’est étendu sur les avantages de la cohabitation en se référant à 3 catégories d’acteurs :

Pour le Président désigné : la cohabitation lui donnerait l’occasion de s’émanciper des accords secrets, pernicieux pour son image et son avenir politique d’une part, et d’autre part, de se positionner véritablement au sommet de l’Etat en gérant essentiellement les affaires étrangères et la défense ; dans cette posture, il ne partagerait point le bilan d’un gouvernement FCC. Par ailleurs, le Président désigné pourrait faire tourner à plein régime le bicéphalisme exécutif et se donner une image de « meilleure garantie » pour la défense des intérêts du peuple ; il pourrait recourir à son droit de dissolution pour se donner une majorité à lui ;

Pour le FCC : il y aurait plus de places pour que le plus grand nombre des partis se servent en termes de postes ministériels et continuent à se partager le « gâteau national »;

Pour le peuple : la cohabitation créerait un esprit d’émulation entre différents regroupements politiques et inciterait donc, par voie de fait, le FCC à mieux travailler se sachant seul comptable de l’action gouvernementale. En outre, la cohabitation pourrait faire obstacle aux velléités de révision constitutionnelle dont on entend parler de la part de quelques membres influents du FCC. Le président désigné pourrait dissoudre le parlement et organiser d’authentiques élections transparentes au bout d’une année conformément à la constitution, à moins qu’il ne démissionne avant pour créant une crise majeure qui appelle des élections anticipées dans un délai maximal de 120 jours.

Pour ce grand spécialiste de la politique congolaise, le choix de la coalition par le Président désigné ne serait, en réalité, qu’une véritable une « absorption politique» totale ou un suicide politique et, partant, une condamnation du peuple à la servitude persistante. La survie du CACH et de son président passe nécessairement par un devoir d’ingratitude, en hommage au combat pour la dignité et la liberté de Etienne TSHISEKEDI, des combattants de l’UDPS et des Congolais martyrisés ; ce qui serait également avantageux pour le peuple Congolais condamné à subir encore de longues années de médiocrité avilissante.

A l’instar du Prix Nobel de la Paix Denis MUKWEGE, le Prof MAINDO conclut que la cohabitation politique est la meilleure option pour Félix TSHILOMBO et pour l’intérêt de la nation toute entière.

A l’issue de ces deux exposés, il s’en est suivi des jeux de questions et réponses entre les conférenciers du jour, les Profs Antoine NGUTE et Alphonse MAINDO sous la modération du Prof Bily BOLAKONGA et le grand public venue en grande affluence. Le public avait répondu chaleureusement à l’invitation lancée par la Dynamique des Professeurs et Universitaires de Kisangani à l’occasion de la reprise de ses activités.