RDC : Mort de l’ambassadeur d’Italie, “une violation flagrante par rapport à la convention de Genève” (Prof Alphonse MAINDO).

RDC : Mort de l’ambassadeur d’Italie, “une violation flagrante par rapport à la convention de Genève” (Prof Alphonse MAINDO).

L’Ambassadeur de l’Italie en République Démocratique du Congo a été abattu le lundi 22 février 2021 au Nord Kivu dans une embuscade tendue par des hommes armés sur la route Kilimanyoka et Kanyamahoro. L’incident est survenu dans le parc de Virunga, à moins de vingt kilomètres de Goma. Plusieurs personnes pensent que la mort du chef de la diplomatie italienne en RDC pourrait avoir des repercussions sur les relations qui existent l’Italie à la RDC.

Mais ce n’est pas l’avis du Professeur Alphonse MAINDO qui estime que cela ne va pas beaucoup impacter sur les relations entre les deux pays. Selon lui, déjà il y a très peu des relations en termes des relations économiques et politiques. L’Italie n’a pas beaucoup d’intérêts en RDC, tout comme le RDC n’a pas beaucoup d’intérêts en Italie.

Professeur Alphonse MAINDO

“…Mais c’est une violation flagrante par rapport à la convention de Genève qui définit les rapports entre les états, qui dit la responsabilité de l’état accréditaire, à l’occurrence la RDC, pour assurer la protection de tout le personnel diplomatique et de leurs biens. Donc, là, il y a une défaillance grave qui va contribuer plutôt à ternir l’image de la RDC. L’image du Congo c’est toujours un pays instable. Maintenant ça montre que le pays est un véritable danger, une vraie menace pour la sécurité internationale. C’est un message très très dangereux qui est lancé à la communauté internationale, en particulier les investisseurs. Si jamais il y a des italiens qui veulent investir en RDC, en tout cas ça c’est un message très mauvais qui leur est envoyé. De même ceux qui auraient tendance à appuyer le secteur du tourisme et qui pensaient qu’on peut utiliser les parcs nationaux pour relancer l’économie. Ce sont des conséquences fâcheuses de ce qu’on vient de vivre.  Ça montre bien que l’appareil d’état congolais est incapable, impuissant à pouvoir assurer la sécurité sur le territoire…”

On pouvait peut-être, pense le professeur, reprocher à l’état congolais, l’armée et la police, d’avoir failli. Mais en même temps il y a la MONUSCO qui est censée faire ce travail de sécurisation et d’information dans la zone.

“...Je rappelle qu’il y a quand même beaucoup d’hommes de la MONUSCO dans cette partie-là et le convoi était un convoi onusien. On suppose qu’on aurait du avoir au moins une sécurité de la MONUSCO pour accompagner le convoi en plus des mesures que le Congo aurait dû prendre pour escorter le convoi ou sécuriser le parcours avant le déploiement de l’ambassadeur, sachant que c’est une zone trouble...”

Qui a organisé ce type de voyage dans ces types de situation, dans cet endroit-là ?, se demande le professeur MAINDO.

Il pense que cela engage quand même une responsabilité car les mesures nécessaires n’ont pas été prises. Heureusement, estime t il, qu’il y a eu intervention des rangers du parc. Sans cela, peut être le bilan aurait été beaucoup plus grave, car ils ont réussi quand même à libérer quatre victimes de cet attentat sur le sept qui composaient le convoi.

Notre interlocuteur rappelle que ce n’est pas la première fois qu’on a ce type de situation.

“...Rappelez-vous l’assassinat de l’ambassadeur de France en RDC, à l’époque République du Zaïre, au début des années 90 lors des pillages dans les grandes villes du pays, c’était à Kinshasa. Il avait été tué d’une balle  depuis le balcon de l’ambassade. Ça n’avait pas beaucoup influer sur les relations entre la France et le Zaïre. Ce n’est pas en tant que tel les FARDC ou l’état congolais qui a orchestré l’assassinat. Ce sont les groupes armés oeuvrant à l’Est du pays. Du coup, l’impact n’est pas le même que si c’était le fait de l’Etat qui organiserait ça. Là, ça aurait été un casus belli, un motif de guerre. Quand on attend les déclarations des uns et des autres, on sent c’est plutôt que c’est un appel à l’apaisement et un appel à la mobilisation pour reprocher les coupables, et pour dire qu’ils ne vont jamais décourager la coopération entre l’Union Européenne et la RDC. Voilà que ça va aller dans le sens de renforcer la coopération entre les pays. Ça sera une coopération essentiellement au niveau sécuritaire pour améliorer la sécurité dans l’Est du pays,  pour reformer le secteur de sécurité, mais aussi pour s’attaquer aux vraies causes, aux racines profondes de l’insécurité…

La Redaction